Se rendre au contenu
Blog

Derrière l'image : Franz Baden Baden, capter l'effacement

L'intention derrière le portrait

21 octobre 2026

Table of contents

No titles in the blog post

La rencontre et le voyage de « Douze Mois »


J'ai rencontré Franz Baden Baden (Sandy pour les intimes) au comptoir des ressources créatives e Mons. J'ai eu l'occasion de lui tirer le portrait lors de son exposition personnelle « Douze Mois », présentée à la Galerie Fracas à Mons. 

Artiste autodidacte, il explore le dessin, la sculpture, la customisation d'objets, l'upcycling de matériaux recyclés, la performance et l'art public avec une égale liberté.« Douze Mois » a été conçu comme un voyage intime, organisé en cycles et structuré comme les saisons : un geste initialement impulsif, un dessin qui « ne cherche pas à illustrer, mais à libérer ». Oscillant entre des réinterprétations de dessins plus sombres et des pièces lumineuses inspirées par ses voyages en Grèce, entre des affiches déchirées où « le papier, déchiré, superposé et marqué par le temps, devient un médium de la mémoire » — « déchirer, c'est révéler ; superposer, c'est reconstruire » — le voyage s'est achevé dans un champ de fleurs, non comme une conclusion, mais comme un moment de répit. C'est cette tension entre l'urgence du geste et le souffle retrouvé que j'ai cherché à capturer dans son portrait.

Ce portrait fait partie de mon plus large projet "Creative visions" visible ici: 

Creative visions

Portrait de Franz Baden Baden - umanflow


Le temps avant le déclenchement : L'atelier du CRC

La séance s'est déroulée dans le cadre brut de son atelier au Comptoir des Ressources Créatives (CRC) à Mons, en parallèle de son entretien pour le média culturel régional septmille.be. Avant même de lever l'appareil, il y a eu ce temps essentiel d'échange et d'écoute. Photographier un artiste qui maîtrise son univers et sa propre image demande de déplacer le rapport de force habituel. Au milieu du fouillis créatif — matières accumulées, chutes de papiers et outils —, l'enjeu était de trouver une juste distance entre le reportage et le portrait intime.

Portrait de Franz Baden Baden - umanflow

Le parti pris esthétique : Le flou comme miroir du pseudonyme

Pour ce portrait, nous avons fait un choix délibéré : presque ne pas montrer son visage. L'utilisation marquée de flous d'arrière-plan, de jeux d'ombres portées et de silhouettes effacées vient prolonger sa démarche artistique. Adopter un pseudonyme comme « Franz Baden Baden », c'est choisir de faire passer l'œuvre avant la personne, de créer un filtre entre soi et le monde. En laissant le visage dans l'ombre ou dans un flou vaporeux, l'image ne cherche pas à dévoiler l'homme au sens littéral, mais à faire ressentir sa présence. Le travail sur la lumière traversant les fenêtres de l'atelier vient découper les contours, suggérant l'artiste en action plutôt qu'en pose.


Portrait de Franz Baden Baden - umanflow


L'image comme écho à l'exposition

Ce portrait est une transition : pris en amont de l'accrochage à la Galerie Fracas, il capte l'instant suspendu juste avant que l'œuvre ne soit livrée au public. Entre la frénésie de la création et la sérénité du paysage final, le flou devient ici un espace de liberté.

Portrait de Franz Baden Baden - umanflow